Retour sur la rencontre régionale Grand Est Bourgogne-Franche-Comté 2025

Le 10 décembre 2025, les membres de Terres en villes des régions Grand Est et Bourgogne–Franche-Comté se sont réunis à Nancy pour une rencontre régionale consacrée à la production et à la distribution locales de denrées alimentaires accessibles à toutes et tous.
Aux côtés des techniciens et élus des collectivités membres, cette journée a également permis de rassembler d’autres structures de territoires (PNR, PETR, …) et des acteurs engagés dans des filières alimentaires locales partenaires (marché d’intérêt national de Strasbourg (SAMINS), le parc naturel régional de Lorraine, Bio en Grand Est ou encore le CIVAM du Serpolet), un bon aperçu des contours du réseau auquel les nouveaux statuts du réseau Terres en villes devraient donner forme.
La matinée s’est ouverte au siège de la Métropole du Grand Nancy avec la présentation du futur marché d’intérêt local (MIL), « Le Grand Carreau ». Piloté par la Métropole dans le cadre d’une délégation de service public, ce projet structurant se situe au croisement de plusieurs politiques publiques (alimentation, développement économique et santé publique). Il vise à renforcer le maillage territorial des MIN et des MIL à l’échelle nationale, tout en apportant une réponse concrète aux enjeux de résilience alimentaire d’un territoire où seulement 1 % des denrées consommées sont produites localement.
Conçu comme un lieu « totem » connecté aux initiatives existantes, le MIL s’articule autour de quatre fonctions complémentaires : la commercialisation, la logistique, l’innovation et la formation. Il ambitionne d’augmenter chaque année la part de produits locaux et de qualité consommés sur le territoire, notamment dans la restauration collective. Le projet intègre en effet une cuisine centrale capable de produire jusqu’à 15 000 repas quotidiens pour les cantines nancéiennes.
L’innovation se traduit également par une forte convergence avec la politique intercommunale de santé publique : le MIL contribuera à l’amélioration de la santé des habitants à travers une alimentation de qualité, tout en veillant à offrir des conditions de travail favorables au bien-être des 300 à 600 futurs salariés du site.
La matinée a également été ponctuée de présentations d’initiatives locales illustrant la manière dont développement des circuits courts et accessibilité alimentaire peuvent se conjuguer. La carte « Place à vivreS », portée par le CCAS de Nancy, Lortie et plusieurs bailleurs sociaux, facilite l’accès à des produits biologiques à prix réduit grâce à un réseau de points de vente de proximité. Financée par la Métropole et l’État, cette démarche repose sur des producteurs locaux et comprend également la distribution de paniers de légumes à tarifs très accessibles. Autre exemple inspirant, la transformerie ARELIA lutte contre le gaspillage alimentaire en valorisant des fruits et légumes issus de dons, principalement de la banque alimentaire et de la grande distribution. Fonctionnant comme un chantier d’insertion, elle transforme une partie des produits pour la vente directe et redistribue le reste au réseau de l’aide alimentaire.
Ces démarches trouvent également des échos sur d’autres territoires. Le CIVAM du Serpolet a présenté en lien avec le Grand Besançon Métropole, le projet M.I.A.M., inscrit dans une action coordonnée de six projets alimentaires territoriaux du Doubs et visant à créer du lien entre le monde agricole et celui de l’aide alimentaire. De son côté, Bio en Grand Est en partenariat avec l’Eurométropole de Metz a développé le projet A T.A.B.L.E. : distribution de paniers biologiques, visites de fermes et ateliers de découverte des modes de production permettent de sensibiliser les « mangeurs » aux étapes de production de leur alimentation, tout en renforçant le lien social.


L’après-midi a été consacrée à la visite du Jardin de Cocagne Lortie, exploitation maraîchère organisée sous forme de chantier d’insertion. Créée en 1997 à l’initiative d’élus locaux, cette association loi 1901 a pour vocation de favoriser l’insertion sociale et professionnelle par le maraîchage biologique. Implantée sur 4 hectares de terres cultivées en bord de Meurthe, elle accueille des personnes en difficulté dans le respect des cahiers des charges de l’agriculture biologique, tout en assurant la distribution de paniers de fruits et légumes à ses adhérents et en travaillant en lien avec des producteurs locaux.
Cette visite a permis de mieux comprendre un modèle vertueux, alliant insertion par l’activité économique et production agricole durable, et capable de fournir environ 200 paniers de légumes de saison chaque semaine.
Quels sont les principaux enseignements de cette rencontre régionale ?
- Le marché d’intérêt local constitue un outil structurant pour renforcer la résilience alimentaire des territoires en reliant production locale, distribution et politiques publiques.
- Le développement des circuits courts peut s’accompagner de dispositifs solidaires efficaces garantissant l’accès de tous à une alimentation locale et de qualité.
- La coopération entre collectivités, acteurs agricoles, structures d’insertion et associations est un facteur clé de réussite des projets alimentaires territoriaux.
Retrouvez ici les ressources liées à la rencontre :
Supports de présentation :

