Assises de Dijon 2026 : 18 propositions, 5 priorités pour donner aux territoires les moyens d’agir
Les 21 et 22 septembre, les 4ᵉ Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation ont réuni à Dijon 1 500 participants venus de toute la France. À l’issue de deux jours de débats, une Déclaration et 18 propositions ont été adoptées, avec cinq priorités pour faire de la transition alimentaire un enjeu politique à part entière. Terres en villes, qui accueille le Secrétariat permanent des Assises, a coordonné la rédaction du plaidoyer avec les partenaires de l’événement.

Une mobilisation pour changer d’échelle
Face aux crises climatiques, sociales et géopolitiques, les territoires sont en première ligne pour transformer les systèmes agricoles et alimentaires. Mais les initiatives locales restent freinées par le manque de moyens pérennes, des cadres réglementaires parfois inadaptés et une articulation insuffisante entre les politiques publiques.
C’est le constat partagé par les 1 500 participants réunis à Dijon : collectivités, acteurs agricoles, chercheurs, entreprises, associations et institutions. Après plusieurs années d’expérimentations, l’enjeu est désormais de changer d’échelle et de donner aux territoires un cadre national et européen cohérent pour agir.
Une Déclaration et cinq priorités pour le plaidoyer des Assises
Fruit des travaux préparatoires et des échanges conduits pendant les deux journées, la Déclaration de Dijon s’accompagne d’une Charte du pouvoir d’agir composée de 18 propositions. Un vote auquel ont pris part 452 participants a permis de faire émerger cinq priorités :
- Une approche « Une seule santé » pour guider les politiques publiques ;
- Des territoires dotés des moyens d’agir, humains, réglementaires et financiers ;
- Des filières locales de qualité pour renforcer la résilience alimentaire ;
- Une juste répartition de la valeur, grâce à davantage de transparence dans la formation des prix ;
- Des échanges commerciaux soutenables, compatibles avec la souveraineté alimentaire.
Ces priorités constituent une feuille de route collective pour porter les propositions des territoires auprès des décideurs nationaux et européens, notamment à l’occasion des prochains arbitrages budgétaires. La Déclaration appelle à mieux orienter les financements publics vers la prévention et vers la transformation des systèmes alimentaires, plutôt que vers la prise en charge de leurs conséquences sanitaires, sociales et environnementales.
Terres en villes, au service d’un plaidoyer collectif
En 2026, Terres en villes est passé de partenaire à hôte du Secrétariat permanent des Assises, chargé d’assurer la continuité de la démarche entre les éditions et de faire vivre cette voix collective dans la durée.
Pour cette édition 2026, Terres en villes a coordonné la rédaction et la validation de la Déclaration avec les partenaires. Le réseau a également contribué aux échanges à travers plusieurs ateliers consacrés notamment à l’adaptation des pratiques agricoles, au foncier et à l’installation, à la santé globale et aux enjeux européens des politiques agricoles et alimentaires, ainsi qu’à la démocratie alimentaire. Retrouvez en ligne l’article de l’AEF sur les messages clef de la plénière animée par Florent Yann Lardic.
Le débat organisé le 21 septembre à l’Hôtel de ville de Dijon a également donné une place centrale aux élus, invités à confronter leurs points de vue sur les propositions et sur les conditions nécessaires à leur mise en œuvre. Animé par Marguerite Bardin-Wood, co-directrice de Terres en villes, et Philippe Lemanceau, président des Assises et vice-président de Terres en villes, ce temps fort a contribué à porter la parole des territoires.

La suite : faire vivre les propositions et porter la voix des territoires
La Déclaration de Dijon constitue un point d’aboutissement, mais aussi le point de départ d’un travail de plaidoyer à poursuivre collectivement. Dans les prochains mois, le Secrétariat permanent précisera les leviers d’action associés aux cinq priorités et portera les propositions auprès des décideurs nationaux et européens.
Pour donner du poids à cette démarche, les Assises invitent les collectivités et l’ensemble des acteurs qui se reconnaissent dans la Déclaration à la soutenir, à la diffuser et à la relayer auprès de leurs réseaux et de leurs élus.

