Webinaire « soutien des territoires à l’élevage » – vendredi 17 octobre 2025

Le webinaire « soutien des territoires à l’élevage » du vendredi 17 octobre 2025 venait à la suite de la rencontre régionale Grand Ouest qui a eu lieu à Angers le 6 juin 2025.

Il visait à échanger autour des 3 expériences d’appui à l’élevage et a rassemblé près de 20 techniciens de collectivité et de chambres d’agriculture pour leur majorité.

Tous les éléments de la rencontre régionale et du webinaire sont disponibles, ci-dessous, ainsi que le lien vers les fiches des expériences qui ont été présentées :

Au programme du webinaire :

  • Introduction
  • Présentations et échanges autour de 3 actions d’appui à l’élevage :
    • La Vache Nantaise, de la relance d’une race rustique à l’installation d’éleveurs sur le territoire de la métropole nantaise
    • Le Boeuf des Vallées angevines, une marque pour valoriser l’élevage en zone humide en restauration collective… et en grande distribution ?
    • L’atelier des Vallées, la mise en place d’un atelier de découpe structurant pour maintenir l’élevage sur les prairies permanentes en zones intermédiaires
  • Echanges

Synthèse du webinaire

La Vache Nantaise, de la relance d’une race rustique à l’installation d’éleveurs sur le territoire de la métropole nantaise

Présentation par Hélène Redon de Nantes Métropole, Pierrick Boireau de la Vache Nantaise et Olivier Paressant de l’Étable Nantaise :

La stratégie pour la filière élevage de Nantes Métropole (Présentation, vidéo)

Nantes Métropole (24 communes, 15 000 ha agricoles, dont 80 % en élevage) soutient activement la filière bovine locale, essentielle à la préservation des zones humides et de la biodiversité. La métropole fait face à un défi majeur de transmission : la moitié des fermes d’élevage sont à reprendre dans les dix ans. Sa politique agricole, renforcée par le PAT de 2019, vise à consolider les exploitations, relier production et alimentation locale, et promouvoir une agriculture durable. Elle agit sur le foncier (PEAN, lutte contre la déprise), la logistique alimentaire, la formation et la valorisation des services environnementaux.

La Vache nantaise (Présentation, vidéo)

La filière Vache nantaise, relancée en 2022, regroupe environ 30 éleveurs, dont 95 % en bio. Elle valorise la viande locale issue des élevages via un partenariat avec la Maison Berjac, grossiste certifié AB au MIN de Nantes. La filière vise 36 tonnes de viande en 2027 et repose sur un modèle collectif d’éleveurs engagés dans des pratiques écologiques : alimentation 100 % locale, herbivore stricte, limitation du transport et refus de l’écornage. Le cahier des charges, rédigé par les éleveurs, met en avant la durabilité, la biodiversité et le bien-être animal. Des formations et visites de fermes renforcent la cohésion du réseau et la montée en compétences. L’objectif est d’assurer à terme l’équilibre économique de la filière tout en préservant la race locale.

L’Étable nantaise (Présentation, vidéo)

Créée il y a dix ans, l’Étable nantaise est une ferme urbaine et un démonstrateur d’élevage durable. Elle agit comme ferme-tampon pour aider les porteurs de projets à s’installer et conserve un troupeau de vaches nantaises sur 120 ha de zones humides métropolitaines. Portée par une association et une SCIC, elle développe un programme pédagogique (FAIR : Former, Animer, Informer, Relier) qui touche plus de 3 000 élèves par an. En lien avec le lycée agricole de Saint-Herblain, elle soutient la création de filières de formation (bac pro, BTS, futur bachelor). L’Étable participe à des projets d’insertion, d’éco-pâturage et prépare un espace test en élevage avec, notamment, WWF et la Métropole. Elle contribue ainsi à renouveler les générations d’éleveurs et à ancrer durablement l’élevage local dans la transition écologique.

Nantes Métropole finance la Vache nantaise (26 000 €/an) et l’Étable nantaise (20 000 €/an), intégrées dans les dispositifs éducatifs Une ferme, une école et Parcours Nature.

Le Bœuf des Vallées angevines, une marque pour valoriser l’élevage en zone humide en restauration collective… et en grande distribution

Présentation par Simon Galland de la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, animateur de l’association Éleveurs des Vallées angevines (Présentation, vidéo) :

L’association Éleveurs des Vallées Angevines (ÉVA), créée il y a vingt ans après la crise de la vache folle, valorise la viande issue des prairies inondables autour d’Angers. Ces prairies jouent un rôle essentiel dans la prévention des inondations et dans la préservation de la biodiversité. La filière, qui regroupe une quinzaine d’éleveurs, fonctionne surtout grâce à la restauration collective publique (Papillote & Compagnie, cuisine centrale d’Angers Loire Métropole). Cependant, l’association souffre d’un manque de moyens financiers et d’un essoufflement des éleveurs. Le projet RELEVANT, soutenu par FranceAgriMer, vise à repenser la gouvernance et le modèle économique. Les pistes explorées incluent la diversification des débouchés (Grandes et Moyennes Surfaces, pédagogie, stockage carbone), la révision du cahier des charges et le recrutement de nouveaux éleveurs. L’objectif est de rendre la filière économiquement viable, tout en préservant les services environnementaux des zones inondables. Angers Loire Métropole joue un rôle de facilitateur entre les acteurs agricoles et territoriaux.

L’atelier des Vallées, la mise en place d’un atelier de découpe structurant pour maintenir l’élevage sur les prairies permanentes en zones intermédiaires

Présentation par Vincent Huss du Grand Poitiers (Présentation, vidéo) :

Le projet présenté par Grand Poitiers s’inscrit dans le Projet Alimentaire Territorial (PAT) du centre Vienne, visant à renforcer les liens entre zones urbaines et rurales. Le territoire, historiquement de polyculture-élevage, subit une simplification agricole menant à la disparition progressive des élevages. Cette évolution fragilise les filières locales, la diversité alimentaire et la qualité de l’eau. Le PAT agit donc à la croisée des politiques agricoles et de l’eau, cherchant à encourager des pratiques agroécologiques et une alimentation durable.

Plusieurs actions structurantes sont menées : développement des circuits courts, soutien aux filières locales, maintien d’exploitations et installation de nouveaux éleveurs. En 2025, un groupe de travail sur la viande bovine locale est lancé pour approvisionner la restauration collective, en partenariat avec la coopérative Atelier des Vallées.

Cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) regroupe 11 éleveurs, un lycée agricole et plusieurs collectivités. Elle prévoit de gérer un atelier de découpe et de transformation de viandes multi-espèces, incluant un pôle d’abattage de volailles. Le bâtiment, construit par Grand Poitiers (investissement de 2 M€), sera loué à la SCIC. L’atelier créera environ 5 emplois (bouchers, ouvriers, gérante).

Financé à 65 % par des subventions publiques (Europe, région, département), le projet vise à renforcer la filière viande locale, réduire les transports, valoriser les produits du territoire et préserver les ressources en eau tout en soutenant l’autonomie alimentaire du territoire. L’approvisionnement de la restauration collective est l’un des axes importants du projet.

Échanges autour de 2 questions :

1️⃣ Quelle Influence de la hausse des cours de la viande bovine sur les projets locaux ? (vidéo)

La flambée des prix bouleverse les équilibres : certains éleveurs préfèrent vendre aux circuits longs, plus rémunérateurs en ce moment, ce qui fragilise les filières locales et les projets collectifs.
Les éleveurs les plus engagés en circuits courts gardent cependant leur cap par conviction et par volonté de stabilité.
Les circuits longs séduisent surtout ceux encore peu impliqués dans les projets territoriaux.
Les acteurs insistent sur la volatilité du marché mondial : les prix élevés peuvent retomber, d’où la nécessité de bâtir des filières durables et résilientes.
Enfin, la hausse générale des prix pourrait rendre la viande locale plus compétitive pour la restauration collective, malgré la difficulté budgétaire des collectivités.

2️⃣ Paiements pour Services Environnementaux (PSE), un bon outil pour appuyer l’élevage ? (vidéo)

Les PSE sont encore à l’étude à Nantes Métropole, en phase exploratoire avec des partenaires agricoles. L’objectif est de valoriser les pratiques agroécologiques via des indicateurs (prairies permanentes, biodiversité, etc.).
Le financement reste incertain, notamment faute d’appui de l’Agence de l’eau hors aires de captage (cas de Nantes Métropole). Les éleveurs y voient une opportunité complémentaire à la vente de viande, mais aucune mise en œuvre concrète n’a encore eu lieu.
Sur le Grand Poitiers, les acteurs souhaitent élargir ces dispositifs au-delà des zones de captage pour inclure plus d’exploitations locales.