RnPAT, France PAT, quel avenir pour le réseau des PAT ?
RnPAT, France PAT, … cela fera bientôt 10 ans que l’on en parle très régulièrement à Terres en villes, et pour cause, l’association est à l’origine du réseau.
Dès 2013 et la 1ère rencontre nationale « Relier politique agricole et politique alimentaire dans les agglomérations françaises » co-organisée en novembre 2013 avec la Chaire Unesco Alimentations du Monde Supagro Montpellier, Terres en Villes a acquis la conviction que la mise en réseau ferait œuvre utile en aidant à l’émergence de la question alimentaire territoriale, en dotant les membres et partenaires des outils méthodologiques nécessaires à la co-construction de projets alimentaires locaux, et en contribuant à une meilleure prise en compte du territoire dans les politiques agricoles et alimentaires locales, régionales, nationales et européennes.

En 2015, Terres en villes a répondu à l’appel à projets de Mobilisation Collective pour le Développement Rural (MCDR) du réseau rural national avec Chambres d’agriculture France (à l’époque APCA) et 8 autres partenaires. Le projet, intitulé « Réseau national pour un projet alimentaire territorial co-construit et partagé (Rn PAT) » (2015 – 2018) est rapidement devenu un réseau national.

Les membres de Terres en villes ont ainsi été aux premières loges du développement de cette mise en réseau : aller – retour entre la connaissance des processus d’élaboration des politiques agricoles et alimentaires des ces territoires précurseurs et les échanges pour extrapoler, les enrichissements avec les autres territoires pionniers en la matière et ainsi la production de méthodologies et guides.
Le projet a été prolongé (2018 – 2021 puis 2022) et le réseau national des PAT renforcé, se trouvant encore en éclaireur quand il a fallu témoigner de la contribution des PAT à la résilience des territoires lors du Covid et accompagnant la structuration et valorisation de la nouvelle dynamique des PAT enclenchée par le Plan de Relance.

En 2023 à la Direction générale de l’alimentation du Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire et l’ADEME sont entrés dans le pilotage du réseau. Elles ont demandé à ses pilotes de préfigurer l’institutionnalisation du réseau, afin qu’il puisse répondre à la fois aux missions de la loi Climat & Résilience.
Parallèlement, les PAT devenaient un objet de mieux en mieux connu de l’univers du développement territorial. L’ADEME commande une étude sur un « Processus de mise en commun des informations de recensement des Projets alimentaires territoriaux et des appels à projets nationaux du PNA » finalisée en début 2022, tandis que le sénateur Frédéric Marchand propose dans son rapport de 2021 d’évaluer l’opportunité de confier aux collectivités territoriales le statut d’« autorités organisatrices de l’alimentation ».
En 2024, le nombre de PAT a bondi à environ 400 et les deux tiers d’entre restent animés par un ou une chargée de mission. Dans ce contexte, la plateforme France PAT est lancée avec l’objectif de centraliser les informations utiles aux porteuses et porteurs de PAT d’une part, et celui de document et de qualifier la forte dynamique des PAT. C’est aussi l’année du le Premier Carrefour des PAT, organisé en juin 2023.

Pour achever la mue du réseau, Terres en villes a rendu un rapport proposant un scénario pour la mise en place d’une gouvernance partagée du réseau, qui et d’une structure ad hoc d’animation du réseau.
En 2025, le Ministère de l’Agriculture et de la souveraineté juge impossible la prolongation de l’animation du réseau par voie de convention, comme c’est le cas depuis 2015. Le réseau sera donc animé par voie d’une prestation de service. Un appel d’offre a ainsi été lancé pour confier la poursuite de l’animation du réseau national des PAT.
Terres en villes y a répondu, Chambres d’agriculture France également de son côté. Les résultats sont attendus pour début août.

